Mes coups de coeur

Le mystère des photos perdues de Barcelone.

C’est l’histoire d’un touriste américain qui, en 2001, achète des négatifs sur un marché aux puces de Barcelone. A l’intérieur, un trésor…Aujourd’hui, la recherche du mystérieux auteur de ces photos s’est transformée en véritable roman policier.

Une fillette assise en chaussons de danse, une vieille dame lisant son journal à même le trottoir, des écolières en uniforme…Des jeunes, des vieux, des religieux, des pauvres. Un point commun à toutes ces images: Barcelone. On reconnaît la Rambla ou encore l’école de danse Magrina. Ces photos-là sont celles que Tom Sponheim, un Américain de passage à Barcelone en 2001, avait acheté au marché aux puces des Encants. Une enveloppe remplie de négatifs acquise au prix de 3,50 euros. Dix ans après , en 2012, il décide de les faire développer. La surprise est de taille: il découvre des clichés en noir et blanc d’une valeur photographique exceptionnelle. Cadrages parfaits, sens de la composition extraordinaire, travail exceptionnel de la lumière. Le mystérieux photographe est de la trempe d’un Cartier-Bresson, pape de l’instant décisif. L’oeil pourrait encore être celui d’un Willy Ronis ou d’un Català-Roca. Conscient qu’il possède là un trésor, Tom Sponheim décide alors de lancer les recherches via les réseaux sociaux. Il veut retrouver l’auteur de ces fabuleux clichés, témoins de la vie quotidienne de Barcelone dans les années 50 et 60, et souhaite les restituer à la famille du photographe. Sur la page Facebook « Las Fotos perdidas de Barcelona », la traque bat son plein, le mystère est devenu viral. En mars dernier, Begoña Fernández Díaz a réussi à identifier l’auteur. Milagros Caturla, lauréat du IV Concours provincial de photographies féminines en 1962. Elle était enseignante, fonctionnaire à la Diputació de Barcelona. Elle est morte d’Alzheimer, célibataire sans descendants, probablement avec un héritage photographique de ce que nous connaissons seulement une petite partie … Pourrait-elle être une nouvelle Vivian Maier, catalane?


 

Exposition Walker Evans du 26 avril 2017 – 14 août 2017 – Centre Pompidou, Paris
Walker Evans (1903-1975) est l’un des photographes américains les plus importants du 20e siècle. Ses photographies de l’Amérique en crise dans les années 1930, ses projets publiés dans le magazine Fortune dans les années 1940 et 1950 et son « style documentaire » ont influencé des générations de photographes et d’artistes. Par son attention aux détails du quotidien, à la banalité urbaine et aux gens de peu, il a largement contribué à définir la visibilité de la culture américaine du 20e siècle. Certaines de ses photographies en sont devenues les icônes.
Rétrospective de tout l’œuvre d’Evans, l’exposition présentée par le Centre Pompidou propose une approche thématique et inédite à travers trois cents photographies d’époque. Elle met en évidence l’obsession du photographe pour certains sujets comme l’architecture des bords de route, les devantures de magasins, les enseignes, les signes typographiques ou les visages. Elle invite le public à mieux saisir ce qui constitue sans doute le cœur de l’œuvre de Walker Evans : la recherche passionnée des caractéristiques fondamentales de la culture vernaculaire américaine. Dans un entretien réalisé en 1971 le photographe explique cet attrait en ces termes : « Vous ne voulez pas que votre œuvre vienne de l’art ; vous voulez qu’elle prenne origine dans la vie ? C’est dans la rue qu’elle se trouve. Je ne me sens plus à l’aise dans un musée. Je ne veux pas les visiter. Je ne veux pas qu’on m’apprenne quoi que ce soit. Je ne veux pas voir de l’art ‹ accompli ›. Je m’intéresse à ce que l’on appelle le vernaculaire. Par exemple, l’architecture accomplie, je veux dire ‹ cultivée ›, ne m’intéresse pas, j’aime davantage chercher le vernaculaire américain. »
Aux États-Unis, le vernaculaire définit des formes d’expression populaire employées par des gens ordinaires à des fins utilitaires : tout ce qui se crée en dehors de l’art, hors des circuits de production et de légitimation, tout ce qui finit par constituer une culture spécifiquement américaine. Ce sont tous les petits détails de l’environnement quotidien révélant une forme d’« américanité » : les baraquements en bois des bords de route, la façon dont le commerçant dispose la marchandise dans sa vitrine, la silhouette de la Ford T, la typographie pseudo-cursive des enseignes Coca-Cola. C’est une notion centrale pour comprendre la culture américaine. Le vernaculaire est présent dans la littérature dès le 19e siècle, mais c’est seulement à la fin des années 1920 qu’il fait l’objet d’une première analyse dans le domaine de l’architecture. Son importance au sein de l’art américain sera ensuite théorisée, dès les années 1940, par John Atlee Kouwenhoven, un universitaire spécialiste des études culturelles et proche de Walker Evans.
Après une introduction consacrée aux débuts modernistes d’Evans, l’exposition réunit, dans une première partie, les principaux sujets qu’Evans n’a cessé de traquer : la typographie d’une enseigne, un étalage, une devanture de petit commerce… Puis, le parcours dévoile comment Evans a lui-même adopté les modes opératoires ou les formes visuelles de la photographie vernaculaire en devenant, le temps d’un projet, photographe d’architecture, de catalogue, de rue, tout en revendiquant explicitement une démarche d’artiste.
Cette exposition est la première grande rétrospective consacrée à l’œuvre de Walker Evans dans une institution muséale française. Elle retrace, des premières photographies de la fin des années 1920 jusqu’aux Polaroids des années 1970, la totalité de la carrière de l’artiste à travers un ensemble jamais réuni de photographies d’époque provenant des plus importantes collections publiques américaines (Metropolitan Museum et Museum of Modern Art à New York, J. Paul Getty Museum à Los Angeles, Art Institute de Chicago, National Gallery of Art de Washington, etc.) et d’une quinzaine de collectionneurs privés. À travers une centaine de documents et d’objets, elle accorde aussi une large place à l’ensemble de cartes postales, de plaques émaillées, d’images découpées et d’éphéméra graphiques réuni par Walker Evans tout au long de sa vie.


a-la-recherche-de-vivian-maierA la recherche de Vivian Maier.  Un film de Charlie Siskel, John Maloof.
L’incroyable histoire d’une mystérieuse inconnue, photographe reconnue aujourd’hui comme l’une des plus grandes Street Photographers du 20ème siècle. Née à New York, d’une mère française, avant de résider à Chicago, Vivian Maier était inséparable de son Rolleiflex et prit tout au long de son existence plus de 100 000 photographies sans jamais les montrer. Pour être libre d’exercer son art quand elle le voulait, Vivian Maier fut une nanny excentrique toute sa vie. Cachées dans un garde-meuble, c’est par hasard que John Maloof mit la main sur les photos de Vivian Maier en 2007. Depuis, il n’a cessé de chercher à mettre en lumière son travail et les expositions se multiplient partout dans le monde.


draga_en_robe__a_pois_stes_maries_de_la_mer_1957L’exposition des photos de Lucien Clergue  (DIDAM de Bayonne – 5 novembre 2016 au 15 janvier 2017)

Élaborée en coproduction avec l’Atelier Lucien Clergue grâce à la complicité de Yolande Clergue et de ses filles Olivia et Anne Clergue, l’exposition « Lucien Clergue, Les Suds », à partir du 5 novembre, présente 74 photos en noir et blanc sur les nus apaisants en bord de mer, les sables graphiques et mouvants, la vie bouillonnante des gitans des Saintes-Maries-de-la-Mer, l’afición et la tauromachie dans les jeux d’ombre et de lumière et les portraits fascinants des « toros » et de leurs toreros. Ces photographies sont accompagnées d’un film et d’ouvrages documentant la vie de l’artiste.


ballroom-lee-plaza-hotelLes photos de Yves Marchand et Romain Meffre (Exposition  Parvis de Pau – Octobe à Décembre 2016)

Aux Etats-Unis l’industrie du cinéma vend ses produits davantage sur les ondes que dans les salles, l’exploitation périclite et les salles ferment. Il en reste de belles ruines que nos deux photographes français vont retrouver, capter et épingler comme des entomologistes le font de papillons rares.


keita_page_expoLes photos de Seydou Keita (Exposition  du Grand Palais à Paris – Juillet 2016)

Seydou Keïta (1921-2001) est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands photographes de la deuxième moitié du XXe siècle. La valorisation de ses sujets, la maîtrise du cadrage et de la lumière, la modernité et l’inventivité de ses mises en scène lui ont valu un immense succès. Il prend sa retraite en 1977, après avoir été le photographe officiel d’un Mali devenu indépendant. Son oeuvre constitue un témoignage exceptionnel sur la société malienne de son époque.


Dans l’atelier des artistes (Exposition du Petit Palais à Paris – Juillet 2016)

Depuis les débuts de la photographie, les ateliers d’artiste fascinent les pho­tographes. Qu’elle documente les intérieurs et tire les portraits des artistes en vogue, qu’elle s’intéresse au geste créateur ou qu’elle prenne l’atelier comme métaphore de la naissance des images, la photographie n’a de cesse depuis le XIXe siècle de pénétrer et d’explorer ces espaces où s’élabore l’œuvre d’art. Ja­mais une exposition n’a traité à grande échelle et de façon aussi spectaculaire ce regard photographique sur l’atelier. L’exposition, loin d’être une présentation exhaustive des photographies d’ateliers depuis la naissance du procédé, interro­ge la persistance d’une fascination. Près de 400 photographies permettent au public de s’approcher au plus près du processus de création de l’artiste, depuis Ingres, en passant par Picasso, Matisse, Bourdelle, Zadkine, Brancusi, jusqu’à Joan Mitchell, Miquel Barcelo ou encore Jeff Koons.